Maël Féron : 17 spéciales à vue et une victoire à Méribel

Maël Féron : 17 spéciales à vue et une victoire à Méribel

Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, tu peux te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Maël Féron, j’ai 22 ans et, en parallèle de mes études d’ingénieur mécanique, je suis athlète de haut niveau en VTT Enduro. Depuis 2023, je consacre une grande partie de mon temps à m’entraîner pour des compétitions, notamment les Coupes du monde, mais aussi à préparer des projets vidéo toujours plus ambitieux et plus soignés.

Enduro2, c’est un format assez particulier. Comment tu l’expliquerais à quelqu’un qui découvre la course ?

Enduro2, c’était un format de course enduro complètement nouveau pour moi cette année, pour deux raisons. La première, c’est qu’il s’agit de courses sur plusieurs jours, uniquement à vue, donc sans connaître les spéciales à l’avance. Ensuite, ce qui rend le format vraiment unique, c’est le duo : on roule à deux et le chrono de la spéciale n’est arrêté qu’une fois que les deux pilotes sont arrivés en bas !

Trois jours de course, 17 spéciales et aucune reconnaissance : qu’est-ce que ça change de devoir découvrir chaque piste directement à pleine vitesse ?

C’est super excitant. J’ai rarement eu l’occasion de faire des courses à vue, mais je savais que ça me plaisait. Il faut être particulièrement vigilant, assez prudent pour ne pas tomber sur 17 spéciales, tout en gardant suffisamment de rythme pour être compétitif. Au final, ça rend certaines spéciales qui auraient pu sembler assez classiques en Coupe du monde vraiment excitantes à rouler en course.

Tu cours cette fois en duo avec Glenn MacArthur. Pourquoi lui, et comment fonctionne réellement votre binôme sur une spéciale ?

Après une première participation avec Kilian Bron à Verbier mi-juillet, qui a malheureusement été écourtée à cause d’une chute de sa part, j’ai abordé cette édition à Méribel avec un peu plus de sagesse. Et il se trouve que Glenn était le partenaire idéal ! Il a déjà gagné de nombreuses courses à étapes dans ce style, même s’il n’avait jamais couru en duo. En plus, notre niveau est globalement équivalent, ce qui permet à chacun de rouler à son rythme, sans prendre trop de risques, tout en restant ensemble.

Je l’ai laissé rouler devant pendant les premières spéciales afin de trouver notre rythme, avant d’alterner en fonction de la forme de chacun et du type de terrain. Lors du deuxième jour, on a même commencé à établir de vraies stratégies, en se doublant en milieu de spéciale pour continuer à se tirer l’un et l’autre.

À quel moment vous avez commencé à sentir que la victoire était possible ?

Je suis compétiteur, mais Glenn encore plus ! On était clairement venus pour gagner, ahah.

Plus sérieusement, nous n’avons pas de live timing pendant la journée. Il a donc fallu attendre la fin du premier jour pour découvrir que nous étions en tête avec plus d’une minute d’avance. Le deuxième jour, nous avons gardé la même dynamique, en essayant notamment de faire la différence dans les parties physiques pour continuer à creuser l’écart.

Le moment où ça aurait pu complètement basculer ?

Sur ce genre de course, une erreur est très vite arrivée : une chute, une crevaison, une casse… La moindre erreur peut coûter très cher en temps et rapidement devenir irrattrapable. De notre côté, il y a évidemment eu quelques frayeurs, glissades ou freinages tardifs, mais aucune grosse erreur.

Ah oui, sauf une… Glenn a cassé le serrage de sa chaussure lors de la dernière spéciale du deuxième jour. Il a dû finir en faisant attention à ne surtout pas tirer sur son pied, au risque que la chaussure reste accrochée à la pédale… mais sans son pied dedans.

Sur 17 spéciales découvertes à vue, c’est quoi le passage ou le moment qui t’a le plus marqué ?

Je dirais sans hésiter LA crête de Méribel. Elle surplombe toute la vallée, nous avions un grand soleil, une vue complètement dégagée, un grip parfait et le trail était vraiment cool à rouler. Bref, on a crié dans le casque !

Tu as commencé l’enduro relativement récemment et tu t’es très vite retrouvé parmi les meilleurs Français. À quel moment tu as compris que tu pouvais vraiment jouer devant ?

C’est vrai que j’ai commencé l’enduro plutôt tard par rapport à mon âge, puisque j’ai fait ma première course en 2023 à 18 ans. Par chance, mon passé en cross-country, trial et dirt m’a permis de rapidement me battre dans le haut du classement junior. J’ai notamment obtenu le titre de champion régional d’Occitanie dès ma deuxième course, puis un podium au classement général des Coupes de France junior à la fin de la saison, ainsi qu’une première participation en Coupe du monde la même année.

Qu’est-ce qui fait aujourd’hui ta force en tant que pilote ?

Je dirais ma passion pour le vélo et ma polyvalence.

Entre Coupe du monde, Epic Enduro, Mégavalanche ou Enduro2, sur quel type de course tu prends le plus de plaisir ?

J’ai la chance d’être libre dans le choix de mes courses puisque je n’appartiens à aucune structure. Je choisis donc uniquement des courses qui me font envie, qui m’excitent ou qui me challengent. Mais je prends un plaisir différent sur chacune d’entre elles.

Par exemple, je sais que je ne gagnerai probablement pas une Coupe du monde, mais je prends énormément de plaisir à me comparer aux meilleurs mondiaux et à me surpasser sur des pistes particulièrement exigeantes. En revanche, j’ai un petit faible pour les formats longs, que ce soit une Mégavalanche, que j’ai pour ambition de gagner dans les années à venir, ou des courses plus extrêmes comme l’Epic Enduro et les courses à étapes. J’aime le volume de vélo, l’enchaînement des spéciales et le fait de découvrir des terrains très différents.

À 22 ans, avec les résultats que tu accumules déjà, jusqu’où tu as envie d’aller dans l’enduro ?

La compétition prend une place importante dans ma vie et dans ma pratique du vélo, mais j’ai conscience qu’au vu de la situation actuelle de l’enduro et de mon niveau, cela doit rester un loisir, du moins à l’échelle internationale.

En revanche, ce qui me plaît tout autant, voire même davantage, c’est de voyager et de créer des vidéos qui racontent une histoire. C’est donc cette direction que je souhaite prendre avec, pourquoi pas, l’objectif de vivre du vélo dans quelques années, tout en continuant à prendre le départ de courses atypiques comme les Mégavalanches ou les courses à étapes.

Quelle place l’alimentation prend dans ta préparation et pendant un week-end avec trois grosses journées de course ?

Je suis conscient de l’importance de l’alimentation sur ce genre d’efforts, qui sont à la fois intenses et longs. Je n’ai pas forcément de plan nutritionnel très précis, mais j’essaye surtout de m’alimenter très régulièrement pendant l’effort et de consommer suffisamment de protéines après la course pour mieux récupérer et être en forme le lendemain.

Sur ce type de format, qu’est-ce que tu utilises chez COOKNRUN avant, pendant et après les spéciales ?

Le matin de la course, j’aime bien manger un porridge ou un granola lyophilisé. Ça tient bien au corps et ça remplit sans surcharger l’estomac.

Ensuite, pendant la course, je remplis ma gourde de boisson d’effort et mes poches de barres énergétiques. J’essaye de varier les goûts pendant la journée pour ne pas me lasser !

Le soir après la course, je prends une ou deux barres protéinées pour la récup ;)

Qu’est-ce que cette victoire représente pour toi ?

Le début, je l’espère, d’une longue série de courses à vue, avec l’objectif de découvrir d’autres pays, paysages et cultures avec mon vélo !

La suite pour Maël Féron ?

Sur le plan scolaire, finaliser et valider mon diplôme d’ingénieur en juin 2027.

Sur le plan sportif, un gros (gros) projet est prévu en fin d’année, avec toujours le même objectif : continuer à m’épanouir sur le vélo et à partager mes aventures à travers de belles images !

Photos : ©Loisg.photo

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