En bref
- Coureur : Guillaume Poinsot, 23 ans, cycliste d'ultra-distance (région lyonnaise).
- Épreuve : Transcontinental Race 2026, environ 5 000 km en autonomie, de la Norvège à la Grèce.
- Résultat : 12e, en 11 jours, 18 h et 04 minutes.
- Nutrition embarquée : boisson Distance de COOKNRUN (surdosée pour l'autonomie liquide) plus quelques barres.
- Stratégie de sommeil : environ 4 h par nuit à l'hôtel, quasiment aucun arrêt en journée.
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m'appelle Guillaume Poinsot, j'ai 23 ans et je suis originaire de la région lyonnaise. Je pratique le cyclisme depuis plusieurs années, avec un passé en VTT cross-country, avant de me tourner progressivement vers l'ultra-distance.
Aujourd'hui, je cours principalement sur des épreuves d'ultra-distance en VTT, gravel et route, tout en travaillant à temps plein à côté.
Pour quelqu'un qui ne connaît pas la Transcontinental Race, comment expliquerais-tu cette course et ce qu'elle représente ?
La Transcontinental Race est une course cycliste d'ultra-distance en autonomie à travers l'Europe. Cette année, elle représentait un peu moins de 5 000 kilomètres entre la Norvège et la Grèce.
L'organisation impose plusieurs checkpoints et portions de route obligatoires, mais entre ces différents points, chaque participant doit construire son propre itinéraire. Il faut donc tracer sa route en tenant compte du relief, mais aussi des routes interdites par l'organisation, des réglementations propres aux différents pays et de nombreuses autres contraintes.
C'est ce qui rend cette course particulière : on ne vient pas simplement avec ses jambes. La stratégie, le routage, le sommeil, l'alimentation et la capacité à prendre les bonnes décisions pendant presque 12 jours font entièrement partie de la performance.

12e de la Transcontinental en 11 jours, 18 h et 04 minutes, après près de 5 000 km à travers l'Europe. Avec un peu de recul, est-ce que tu réalises ce que tu viens de faire ?
En réalité, pas complètement. Pendant la course, on est tellement focalisé sur la performance et sur ce qu'on doit faire qu'on ne réalise pas vraiment tout ce qu'on est en train de traverser.
Puis, de temps en temps, j'y repense et je me dis : « Waouh, j'ai vraiment fait tout ça. » Et là, ça paraît assez fou.
Je pense qu'il est difficile de prendre réellement conscience de ce qu'on vient d'accomplir quand on vit quelque chose d'une telle intensité pendant presque 12 jours, avec une tension nerveuse quasiment permanente. Il faut du temps pour redescendre et réaliser.
Avant le départ, tu venais chercher quoi : terminer, faire une grosse course… ou déjà jouer devant ?
Clairement, je ne venais pas simplement pour terminer. Toute ma saison avait été construite autour de la performance, avec une préparation particulièrement exigeante pour l'Atlas Mountain Race, The Traka et la Transcontinental.
À côté, je travaille 39 heures par semaine et je pouvais faire des semaines de 15 à 20 heures d'entraînement. Toute mon organisation tournait autour de ça, parfois au détriment de ma vie sociale, mais je prenais énormément de plaisir à le faire.
Donc oui, j'arrivais sur la TCR avec l'ambition de jouer aux avant-postes.
À quel moment as-tu compris que tu étais réellement en train de jouer une place parmi les meilleurs ?
C'était difficile à savoir au départ parce que c'était ma première expérience sur une distance aussi longue. La course est partie extrêmement vite et, quand on regardait les puissances développées, on pouvait presque se demander : « On part vraiment pour 5 000 kilomètres comme ça ? »
J'ai décidé de ne pas m'affoler et de rester sur mon rythme. Je savais ce que j'étais capable de faire et je voulais m'en tenir à ma stratégie.
Après la première nuit blanche, au bout d'environ 24 heures de course, j'étais déjà autour de la 10e place. C'est à ce moment-là que j'ai vraiment compris que j'avais le niveau pour rester aux avant-postes.
Sur une course aussi longue, comment fait-on pour continuer à « courir » et ne pas simplement passer en mode survie ?
Avant la course, je ne savais pas vraiment comment mon corps et ma tête allaient réagir. Ma stratégie était cependant très claire : quasiment aucun véritable arrêt pendant la journée, uniquement des ravitaillements rapides, un vrai repas avant de dormir et environ quatre heures de sommeil à l'hôtel chaque nuit.
Une fois dans la course, je suis finalement passé dans une sorte de fonctionnement automatique : rouler, ravitailler, arriver à l'hôtel, se doucher, manger, dormir quatre heures, se réveiller et repartir.
Il y a forcément des moments difficiles sur presque 12 jours, mais je me disais simplement : « Ce n'est pas grave, avance. »
Le seul moment où je me suis vraiment rapproché de la survie a été la dernière journée. Je n'avais dormi qu'une heure et demie et, sur les derniers kilomètres, je n'avais quasiment plus de force et je m'endormais sur le vélo.
Quelle a été ta stratégie de sommeil ?
Dès le départ, tout était planifié. Comme la course débutait à 20 h, je savais que je ne dormirais pas la première nuit. Ensuite, mon objectif était d'environ quatre heures de sommeil par nuit.
J'ai quasiment réussi à respecter cette stratégie à la lettre. Une nuit a été plus longue grâce à un ferry pris de nuit, où j'ai pu dormir cinq ou six heures.
Quatre heures se sont révélées être un très bon compromis pour moi : suffisamment pour conserver de l'énergie et rester performant, sans perdre trop de temps à l'arrêt.

Jusqu'où es-tu capable d'aller dans le manque de sommeil ?
Justement, je n'ai jamais cherché à connaître cette limite. Si on attend d'arriver aux hallucinations ou au moment où la lucidité disparaît, pour moi, c'est qu'on est déjà allé trop loin.
Grâce à ma stratégie, je n'ai pas eu d'hallucinations et quasiment jamais besoin de micro-siestes.
La seule exception a été la dernière journée. Après seulement une heure et demie de sommeil, j'ai eu un gros coup de fatigue au lever du jour et j'ai fait une micro-sieste d'environ 30 minutes avant de repartir.
Le moment où tu as été le plus proche de craquer ?
Curieusement, il y en a eu très peu. Le troisième jour, j'ai connu un gros moment de stress pour attraper un ferry. J'étais extrêmement juste et je surveillais constamment l'heure, les kilomètres restants et ma vitesse. Le manquer signifiait attendre huit ou neuf heures le suivant. Je l'ai finalement eu de justesse.
Mais le moment le plus difficile reste la dernière journée. Après une nuit d'une heure et demie, je n'avais tout simplement plus de force. J'appuyais sur les pédales et j'avais l'impression qu'il ne se passait plus rien.
Mentalement et physiquement, c'était extrêmement dur. Mais sur presque 12 jours, je suis assez fier d'avoir connu aussi peu de véritables moments de rupture.

À l'inverse, un moment où tu t'es senti particulièrement fort ?
Dès le début, malgré un départ très rapide, je me sentais bien et surtout en contrôle. Je ne me suis pas emballé et je suis resté sur ce que je savais faire.
Ce sentiment s'est renforcé au fil des jours. Voir les journées s'enchaîner tout en réussissant à respecter ma stratégie était extrêmement satisfaisant.
Plus qu'un moment précis où je me serais senti invincible, c'est ce sentiment de maîtrise pendant quasiment toute la course qui m'a marqué. Sur une épreuve aussi longue et imprévisible, réussir à rester acteur de ma course plutôt que de la subir m'a donné beaucoup de confiance.

Sur la TCR, chacun construit son itinéraire. À quel point la course se joue-t-elle avant même le départ ?
Énormément. J'ai passé environ 4 mois à préparer mon itinéraire, quasiment tous les soirs.
Il faut comparer les distances, le dénivelé, l'état des routes, les portions interdites, parfois le vent… Je vérifiais certaines routes sur Google Maps et je préparais également mes points d'intérêt, certains ravitaillements et les hôtels.
L'objectif était de mâcher au maximum le travail avant le départ pour réduire la charge mentale une fois sur le vélo.
J'ai eu un très bon exemple en Pologne : une mauvaise portion de tracé, avec de mauvaises routes et des travaux, m'a probablement coûté trois à quatre heures. Sur presque 5 000 kilomètres, une seule véritable erreur de ce type reste satisfaisante, mais ça montre à quel point le routage peut peser sur le résultat.

Tu passes presque douze jours seul sur ton vélo. Qu'est-ce qui se passe dans ta tête ?
C'est une question que je me pose régulièrement moi-même et à laquelle je n'ai toujours pas vraiment de réponse.
Il y a évidemment des moments d'émerveillement. On lève les yeux, on réalise où on est et on traverse des endroits incroyables.
Mais il y a aussi énormément de moments où je fonctionne simplement en pilote automatique. Je roule, j'avance et finalement, je ne pense pas réellement à grand-chose.
On pourrait imaginer une immense introspection pendant toutes ces heures seul, mais pour moi ce n'est pas vraiment le cas. Et même après la course, je continue à me demander ce qui occupe réellement mon esprit pendant tout ce temps.
Est-ce qu'après plusieurs jours ton rapport au temps change complètement ?
Oui, complètement. On finit par perdre la notion des jours et ça n'a finalement plus beaucoup d'importance.
Je raisonnais davantage en étapes dans ma journée. En milieu ou fin de matinée, je réservais mon logement pour le soir. À partir de là, cet hôtel devenait simplement mon prochain objectif.
Une fois arrivé : manger, se préparer, mettre un réveil quatre heures plus tard et repartir.
Le temps n'est plus vraiment rythmé par les jours comme dans la vie quotidienne, mais par les kilomètres, les arrêts et les quelques heures de sommeil.
Comment as-tu géré ton alimentation ?
Ma stratégie était relativement simple. Au départ, j'avais suffisamment de nourriture pour être autonome pendant environ 17 à 18 heures.
Ensuite, je me ravitaillais principalement avec ce que je trouvais sur la route : commerces, stations-service ou autres points disponibles sur mon itinéraire.
Sur presque 5 000 kilomètres, l'objectif est d'anticiper suffisamment pour ne jamais manquer d'énergie sans transporter inutilement trop de poids.
Sur presque 5 000 km, mange-t-on encore pour performer ou surtout pour réussir à manger suffisamment ?
Au départ, l'alimentation était vraiment pensée pour la performance, avec notamment une grosse partie de mes apports sous forme liquide.
Ensuite, on continue à manger pour performer, parce qu'il faut apporter énormément d'énergie au corps. En revanche, les aliments deviennent beaucoup plus simples et pragmatiques.
Je buvais par exemple des Powerade ou d'autres boissons isotoniques trouvées en station-service, avec des électrolytes lors des journées chaudes. Et une grosse partie de mes glucides venait tout simplement de bonbons Haribo : environ 77 g de glucides pour 100 g, faciles à trouver, avec énormément de goûts et de textures différentes.
Finalement, on mange toujours pour performer, mais on recherche surtout des aliments énergétiques, faciles à trouver, à mâcher, à digérer et qu'on est encore capable de manger après plusieurs jours.
Qu'avais-tu emporté de chez COOKNRUN ?
Au départ, j'avais principalement emporté la boisson Distance de chez COOKNRUN. J'avais pris deux sachets et choisi de la doser davantage que les recommandations habituelles de la marque afin d'avoir une grosse partie de mes apports sous forme liquide pendant les premières heures.
L'objectif était d'être autonome pendant environ 17 à 18 heures et d'éviter de multiplier les arrêts dès le début, tout en trouvant le bon compromis pour ne pas transporter inutilement trop de poids.
J'avais également quelques barres pour varier et avoir quelque chose de solide à mâcher.
Pour les jours suivants, j'avais gardé quelques barres protéinées comme sécurité pour la récupération. Si mon repas du soir n'était pas suffisamment riche en protéines ou si je ne trouvais pas de vrai repas, je pouvais ainsi compléter mes apports avant mes quelques heures de sommeil.
Tu n'as découvert l'ultra-distance que récemment. Comment expliques-tu ta progression ?
Vue de l'extérieur, ma progression peut paraître très rapide puisque je termine seulement ma troisième saison en ultra-distance. Mais je ne partais pas de zéro : j'avais plusieurs années de compétition en VTT cross-country derrière moi.
Ma première saison en ultra a surtout été consacrée à retrouver du plaisir et découvrir la discipline. La deuxième, j'ai commencé à rechercher réellement la performance et j'ai notamment préparé seul tout l'hiver pour The Traka.
Après mon résultat sur cette course, j'ai décidé de faire appel à un entraîneur. On a commencé à travailler ensemble avec Hugo au milieu de la saison dernière avant de réaliser toute la préparation hivernale ensemble pour 2026.
Cette année, je lui avais clairement dit que je voulais faire la saison de ma vie. On a énormément travaillé, parfois assez proches de la limite entre charge d'entraînement et récupération.
Il n'y a pas vraiment de secret : énormément de travail, de rigueur et de sacrifices. Et forcément, une saison comme celle-ci me motive encore davantage. Je n'ai clairement pas envie de m'arrêter là.
Atlas Mountain Race, Traka 560, Transcontinental… 2026 est-elle l'année où tu as compris que tu pouvais rivaliser avec les meilleurs ?
Sans prétention, j'étais déjà persuadé avant cette saison que j'en étais capable. Si je n'avais pas eu cette conviction, je ne pense pas que j'aurais réussi à mettre autant de choses en place pour y arriver.
Là où 2026 m'a vraiment apporté une confirmation, c'est dans la diversité des formats : environ 1 400 km en VTT sur l'Atlas Mountain Race, 560 km en gravel sur The Traka et presque 5 000 km sur route sur la Transcontinental.
Terminer respectivement 10e, 7e et 12e et réussir à rivaliser sur ces trois formats m'a montré qu'il y avait vraiment quelque chose à aller chercher.
Donc 2026 n'est pas l'année où j'ai commencé à y croire. C'est l'année où les résultats ont confirmé que cette ambition était réaliste.
Tu travailles toujours à côté du vélo. Comment prépare-t-on une saison de ce niveau sans être cycliste professionnel ?
Réussir à atteindre ce niveau tout en travaillant à temps plein est une vraie satisfaction personnelle.
Je travaille dans un magasin de vélo et je suis complètement épanoui dans mon métier. Aller travailler n'est pas une contrainte pour moi et ça enlève une charge mentale énorme.
Le magasin ouvre à 10 h, donc la semaine je m'entraîne principalement le matin. Comme j'ai relativement peu de temps, les séances sont généralement autour d'une heure et demie et très ciblées : spécifique vélo ou salle.
Mes jours de repos, le dimanche et le lundi, sont consacrés au volume, parfois avec de très gros blocs. La récupération est également intégrée à cette organisation, notamment avec le kiné chaque lundi.
Mais je pense commencer à atteindre certaines limites de ce fonctionnement. J'arrive aujourd'hui à rivaliser avec des athlètes qui peuvent consacrer beaucoup plus de temps à leur entraînement et surtout à leur récupération. De mon côté, après une séance le matin, j'enchaîne avec une journée complète de travail.
Si je veux continuer à franchir des caps, il faudra peut-être réussir à dégager davantage de temps à l'avenir. Je ne sais pas encore sous quelle forme, mais on verra quelles opportunités se présenteront.
Est-ce que ces résultats changent tes ambitions ?
Non, parce que mon ambition depuis que je me suis lancé sérieusement dans l'ultra-distance est de jouer aux avant-postes et d'essayer de faire partie des meilleurs.
Aujourd'hui, quand je prends le départ d'une course, mon ambition est de gagner. Ça ne signifie évidemment pas que je considère la victoire comme acquise : je sais à quel point le niveau est élevé et à quel point aller chercher un top 10 est déjà difficile.
Ce sera pareil la saison prochaine. Je prendrai le départ avec l'envie de gagner, je donnerai le meilleur de moi-même et le résultat sera ce qu'il sera.
Cette saison ne change donc pas mes ambitions. Elle me conforte surtout dans l'idée qu'elles sont légitimes.
Gravel, VTT, route : quel est finalement ton terrain de prédilection ?
La Transcontinental était ma première véritable ultra-distance sur route. J'avais envie d'y participer parce que c'est une course mythique et l'une des plus grandes épreuves d'ultra au monde.
Mais honnêtement, la route n'est pas le terrain sur lequel je m'épanouis le plus. Là où je prends vraiment du plaisir, c'est en VTT et en gravel, sur des pratiques off-road.
J'aime l'isolement, les endroits sauvages, les conditions plus difficiles et la dimension technique. C'est aussi ce que je recherche dans l'ultra : cette difficulté supplémentaire et cette sensation d'être davantage perdu au milieu de nulle part.
Je participerai certainement encore à de grandes ultras sur route, mais ce qui me fait réellement vibrer reste l'off-road.
Quand tu repenses à ces 11 jours et 18 heures, quelle est la première image qui te revient ?
Le départ en Norvège. Ce moment où je suis sur la ligne en sachant que je pars pour presque 5 000 kilomètres à travers l'Europe sans finalement savoir exactement dans quoi je m'aventure.
J'ai conscience de l'ampleur de la course, mais curieusement ce n'est pas une source de stress. Je suis surtout heureux d'être là, avec une immense satisfaction d'avoir réussi à arriver au départ d'une course comme la Transcontinental.
Avec le recul, cette image est encore plus forte parce qu'à ce moment-là, je ne sais absolument pas tout ce que je vais vivre pendant les presque 12 jours suivants.
Le passage de la ligne d'arrivée ?
J'ai pleuré. Je pense que toute la pression et toute la tension accumulées pendant presque 12 jours sont redescendues d'un seul coup.
J'étais énormément fatigué, donc les émotions étaient forcément décuplées. Il y avait de la joie, de la satisfaction, mais surtout un immense soulagement.
Pendant toute la course, on est concentré sur ce qu'on doit faire. Et tout à coup, il n'y a plus rien à gérer. On passe cette ligne et on se dit simplement : « Waouh… ça y est, je l'ai fait. »
Qu'est-ce que cette 12e place représente pour toi ?
Au départ, on espère forcément toujours mieux puisque je m'aligne avec l'ambition de gagner. Mais j'avais aussi conscience du niveau et je m'étais dit qu'un top 10 serait déjà un résultat incroyable.
Je termine 12e et je n'ai aucune frustration. C'était ma première expérience sur une distance aussi longue et c'est un résultat dont je peux être fier.
Mais au-delà du classement, je suis probablement encore plus satisfait de la manière dont j'ai couru. J'ai réussi à respecter ma stratégie, rester lucide et gérer mon effort, mon sommeil et mon alimentation pendant presque 12 jours sans commettre de grosse erreur.
Il y a évidemment des choses à optimiser, notamment certains arrêts où je pourrais gagner du temps. Mais pour une première sur une épreuve aussi longue, je suis vraiment fier de la course que j'ai produite du départ jusqu'à l'arrivée.
Qu'est-ce que la Transcontinental t'a appris sur toi que tu ne savais pas encore ?
Elle m'a surtout fait prendre conscience, de manière très concrète, de ce dont j'étais capable.
Je n'ai jamais vraiment douté du fait que je pouvais le faire. Mais entre être convaincu qu'on en est capable sur le papier et réellement enchaîner environ 425 kilomètres par jour pendant presque 12 jours, il y a forcément une différence.
Elle m'a aussi conforté dans ma sérénité. Même quand quelque chose ne se passe pas comme prévu, j'arrive généralement à ne pas paniquer, rester lucide et me reconcentrer rapidement.
Finalement, la TCR ne m'a pas appris que j'en étais capable : elle m'a permis de le vivre et de mesurer réellement ce que représente un tel niveau d'exigence physique et mentale.
Un conseil pour quelqu'un qui rêve de prendre un jour le départ de la TCR ?
Ne pas trop réfléchir et foncer.
Si on cherche toutes les raisons de ne pas le faire, on en trouvera forcément : le budget, le temps, l'investissement personnel, la difficulté… Si on réfléchit trop, on finit simplement par ne jamais se lancer.
On n'a qu'une seule vie. Si on rêve vraiment de vivre cette aventure, il faut se donner les moyens et essayer.
Et il ne faut surtout pas penser que la TCR n'a de sens que si on vient chercher un résultat. Certains viennent pour gagner, d'autres avec le rêve de simplement rejoindre l'arrivée, et terminer une telle épreuve demande énormément de courage et d'investissement, quel que soit le classement.
Donc : fonce, prépare-toi sérieusement et va voir jusqu'où tu es capable d'aller.
Après une saison pareille, la suite ?
L'objectif est clairement de réussir à réitérer une saison comme celle-ci, voire de faire encore mieux.
Mon calendrier dépendra forcément de plusieurs facteurs, notamment financiers et des partenariats que je réussirai à mettre en place. Je profite justement d'août et septembre pour travailler là-dessus et construire au mieux 2027.
Le plus gros projet qui me fait rêver aujourd'hui est clairement le Tour Divide : environ 4 400 kilomètres à travers l'Amérique du Nord, en off-road. C'est un format qui correspond énormément à ce que j'aime dans l'ultra : le VTT, le gravel, l'isolement, l'aventure et des conditions beaucoup plus sauvages.
Il faut maintenant réussir à réunir les moyens nécessaires pour rendre ce genre de projet possible. Mais l'ambition sportive est claire : continuer à participer aux plus grandes épreuves internationales, faire encore mieux qu'en 2026 et aller chercher des victoires.
Maintenant que tu sais que tu peux jouer devant sur les plus grandes courses, c'est quoi le rêve un peu déraisonnable ?
Je ne sais pas si je dirais que c'est un rêve déraisonnable, mais le rêve ultime serait clairement de pouvoir un jour vivre de l'ultra-distance.
C'est quelque chose qui m'anime énormément. Aujourd'hui, je réussis à rivaliser avec certains des meilleurs tout en travaillant à temps plein. Alors forcément, j'ai envie de savoir jusqu'où je pourrais aller si j'avais un jour la possibilité de consacrer tout mon temps à la performance, à l'entraînement et à la récupération.
Mais au-delà de la performance, ce qui me fait rêver, c'est aussi la vie qui va avec : participer aux plus belles courses d'ultra-distance à travers le monde, découvrir de nouveaux pays et de nouveaux terrains grâce au vélo et construire mon quotidien autour de cette passion.
Donc le rêve derrière tout ça serait celui-là : réussir à faire de l'ultra-distance mon quotidien, parcourir ce que le monde a à offrir à vélo et voir jusqu'où je suis capable d'aller sportivement en pouvant m'y consacrer pleinement.
Questions fréquentes
Qui est Guillaume Poinsot ?
Guillaume Poinsot est un cycliste français d'ultra-distance de 23 ans, originaire de la région lyonnaise, avec un passé en VTT cross-country. Il court en VTT, gravel et route tout en travaillant à temps plein en magasin de vélo.
Qu'est-ce que la Transcontinental Race ?
La Transcontinental Race est une course cycliste d'ultra-distance en autonomie à travers l'Europe. En 2026, elle représentait un peu moins de 5 000 km entre la Norvège et la Grèce, avec des checkpoints imposés mais un itinéraire à construire soi-même.
Quel a été son résultat sur la Transcontinental Race 2026 ?
Il a terminé 12e, en 11 jours, 18 h et 04 minutes, pour sa première participation sur une distance aussi longue.
Quelle nutrition a-t-il utilisée sur la course ?
Au départ, principalement la boisson Distance de COOKNRUN, dosée plus fort que la recommandation pour couvrir 17 à 18 h d'autonomie sous forme liquide, complétée par des barres. Ensuite, ravitaillement sur la route (boissons isotoniques, bonbons pour les glucides) et barres protéinées en secours pour la récupération.
Combien dort-on sur une course d'ultra-distance comme la TCR ?
La stratégie de Guillaume Poinsot était d'environ 4 heures de sommeil par nuit à l'hôtel, sans micro-sieste en journée. Un compromis suffisant pour rester performant sans perdre trop de temps à l'arrêt.