Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Camille Albisser, j’ai 30 ans et je vis au Pays basque. J’ai commencé le vélo pendant le Covid, en 2021, et j’entame aujourd’hui ma quatrième saison en ultra-distance.
La Desertus Bikus, c’est quel type de course ?
C’est une course route et gravel en autonomie. Le principe est de relier des checkpoints, avec certaines sections imposées, notamment en gravel, et chacun construit son itinéraire. Cette année, cela représentait environ 1200 km pour 16 000 m de dénivelé.
“En ultra, rien n’est jamais acquis”
Comment as-tu abordé cette course ?
Je l’ai préparée comme d’habitude : physiquement et matériellement. Une fois ces bases en place, je me sens rassurée. Ensuite, l’objectif est surtout de prendre du plaisir. Au départ, j’étais très heureuse de retrouver des visages connus et simplement impatiente de rouler. La Desertus, c’est aussi une vraie fête du vélo.

2e participation, 2e victoire… à quel moment tu sens que la victoire est possible ?
J’étais bien placée dès le premier matin, puis à la sortie de la deuxième nuit, je me sentais assez confortable. Mais en ultra, rien n’est jamais acquis : il peut toujours y avoir un problème. Donc même avec de l’avance, je suis restée concentrée jusqu’au bout.
Le moment le plus dur ?
Je n’ai pas eu de gros moment de difficulté. En revanche, une section gravel très engagée autour du CP2 m’a fait perdre du temps et m’a obligée à adapter mon plan, notamment en allant dormir plus tôt que prévu. Et le dernier jour, j’ai eu quelques soucis mécaniques. C’est surtout exigeant mentalement, mais j’ai réussi à rester calme et à gérer.
Comment as-tu géré ton alimentation ?
Je suis partie avec la boisson d’effort jus de cerise et citron, qui m’a servi de base pendant les deux premiers jours. Ensuite, j’ai complété avec ce que je tolère bien, des produits sucrés que je pouvais acheter sur la trace et les barres protéines (chocolat noisette ma préférée). Avec la chaleur, c’était parfois compliqué, donc je me suis adaptée avec du coca et des glaces. Et le soir, je prenais un vrai repas, comme les pâtes bolognaise Bivouac !

Un moment fort de la course ?
Les levers et couchers de soleil restent toujours des moments à part. Et puis les échanges, même rapides, avec les autres participants… les meilleurs souvenirs sont souvent ceux qu’on partage.
Le passage de la ligne d’arrivée ?
C’était un moment fort. J’ai apprécié arriver seule cette année, ça m’a permis de vraiment réaliser. Et retrouver les copains qui m’attendaient, partager un repas ensemble, c’est toujours génial et beaucoup d’émotions.
Qu’est-ce que cette victoire représente pour toi ?
C’est une vraie satisfaction. Elle valide le travail et l’expérience accumulée, surtout par le fait que je sois arrivée en meilleur état que l’an dernier. Ça me confirme aussi que ce n’est pas un hasard, et que je suis sur la bonne voie.
Un conseil pour quelqu’un qui veut se lancer ?
Ne pas se mettre trop de pression, y aller progressivement. L’ultra, c’est une aventure personnelle : il faut trouver son rythme et surtout prendre du plaisir.
La suite ?
Je repars déjà à l’aventure dans quelques jours, ce sera une première d’enchaîner comme ça. Ensuite, place à la récupération, avec en ligne de mire le grand objectif de la saison : la Transcontinental Race !
Camille.

photos ©Jennifer Nguyen / Camille Albisser