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LUDOVIC LEVÊQUE, BLACK FINISHER DU NORSEMAN XTREME TRIATHLON 2019.

Athlète TEAM COOKNRUN.


By Charlotte



Tu es finisher de l’un des triathlons les plus difficiles au monde, le Norseman, épreuve internationale qui a lieu chaque année au mois d’août au cœur des montagnes les plus spectaculaires de Norvège : 3,8 km de natation dans les eaux d’un fjord à 14°, 180 km de vélo avec 3360 mètres de dénivelé positif et 42 km de course de montagne pour atteindre le mont Gaustatoppen qui culmine à 1 883 mètres d'altitude.



Si tu avais une seule photo pour raconter le Norseman, ce serait laquelle et pourquoi ?


Cette photo représente bien ce qu’est le Norseman : une course individuelle réalisée en équipe. Au final, seul l’athlète est récompensé du fameux T-shirt noir. Mais seul tu ne peux pas y arriver. Le Norseman est une course en totale autonomie. La logistique est assurée par une voiture suiveuse sur la partie vélo avec tout le matériel nécessaire : de quoi manger, de quoi se changer, de quoi réparer le vélo. Sur la dernière partie de la course à pied, il est obligatoire d’être accompagné à partir du 32ème kilomètre, dès lors qu’on passe en haute montagne. J’avais deux suiveurs, ma compagne et mon cousin. C’est important de choisir les personnes qui te connaissent le mieux. Sur des épreuves aussi longues à un moment donné on est plus très lucide. Il faut alors qu’elles connaissent et sachent anticiper tous tes besoins. Pour ça, il faut que tes suiveurs aient vécu la préparation. C’est une implication de tous les jours non sans conséquence sur la vie familiale. Ils subissent autant que toi les exigences imposées par la préparation d’une telle épreuve. Choisir cette photo c’est une façon de leur rendre hommage et de les remercier.




Départ de l’épreuve : 4h45 du pont d’embarquement d’un ferry en plein milieu d’un fjord. A quoi on pense juste avant de plonger dans l’eau froide du fjord ?


On saute à 4h45 du bateau. Juste avant on nous arrose avec de l’eau du Fjord pour qu’on s’acclimate. Moi je me suis plutôt demandé ce que je faisais là ! (rire) A quoi j’ai pensé avant de sauter ? C’est une question que l’on me pose souvent. Je savais que j’avais fait le maximum pour être prêt à ce moment. Malgré le stress du départ, je voulais profiter du moment, le graver dans ma mémoire. J’avais vu des dizaines et des dizaines de vidéos sur ce fameux instant où les gars sautent dans l’eau. Juste avant de sauter, je me suis dis : « Voilà, c’est à mon tour. J’y suis ». Après être remonté à la surface, je me suis retourné vers le bateau pour voir les autres triathlètes sauter. C’était une image que je voyais tout le temps dans les médias. Je voulais avoir ma propre image. C’est quelques secondes mais ces images-là je les garde à jamais en tête. Le saut dans le fjord, c’est vraiment un symbole mythique du Norseman.



Les organisateurs du Norseman promettent « a true, basic and unique experience, and yes, a lot of fun »…vraiment ? Prend-t-on réellement beaucoup de plaisir face à une épreuve aussi dure et exigeante ?


Oui quand même ! (sourire) On passe par plein d’émotions différentes sur ce genre d’épreuve. Le matin quand je me suis levé, j’avais l’impression d’avoir dormi 10h alors que je n’avais même pas dormi une heure. J’étais en pleine forme, super excité d’y aller. Je suis arrivé dans le parc à vélo, j’étais très enthousiaste parce que voilà : j’y étais ! Dans ma tête le Norseman j’y allais qu’une fois. J’y allais pour décrocher le T-shirt noir et voilà. Quoiqu’il se passe il fallait que je profite au maximum de cette aventure. C’est sûr, c’est exigeant, on est dans le dur, mais on arrive quand même à se faire plaisir. A l’arrivée, la fatigue est bien là mais on l’oublie parce qu’on a réussi.




Tu as forcement eu un coup de moins bien, un gros moment de doute où tu t’es dis que tu n’y arriveras pas. C’était quand ?


A la sortie de la partie natation. Je ne suis pas nageur. C’est vraiment un point que je travaille particulièrement à l’entrainement. Le jour du Norseman, je sors une natation correcte compte tenu de mon niveau. Le truc c’est qu’il y avait tellement un gros niveau que je ne sors pas s’y bien que ça dans le classement. Et là je me dis « merde », le t-shirt noir ça va quand même être compliqué pour aller le chercher. Là j’ai eu un vrai moment de doute. Le soutien de mon équipe a été super important pour me ressaisir. J’ai repris réellement confiance lorsque j’ai posé le vélo. Je savais alors que je pouvais le faire.




Tout ça pour un T-shirt noir ! Pourquoi ?

Quel est ton Because dans cette aventure ?


Et oui, tout ça pour un T-shirt noir ! (rire) Déjà, je ne fais pas de triathlon pour gagner de l’argent. C’est une passion que j’ai depuis l’âge de 16 ans. Le Norseman c’était mon Graal. Je savais que ma carrière de sportif serait accomplie une fois que j’aurai décroché ce T-shirt noir. C’était mon but ultime. J’ai fait du triathlon pour ce T-shirt noir et ce qu’il représente. Pour autant, je n’étais pas sûr un jour de pouvoir y participer. Il faut remplir un dossier puis être tiré au sort. Il m’a fallu attendre 7 ans. Tout le monde, ma compagne, ma famille savait ce que ça représentait pour moi. Le jour de la course, il y a eu énormément de larmes et d’émotion : lorsque j’ai su que je pouvais aller jusqu’au T-shirt noir, à l’arrivée, le lendemain à la remise du T-shirt. On savait qu’il y avait quelque chose de grand d’accompli et beaucoup de sacrifices récompensés autant pour eux que pour moi.


Charlotte.



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